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Renaissance du Vieux Metz et des Pays Lorrains
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Renaissance du Vieux Metz et des Pays Lorrains
Renaissance du Vieux Metz et desPays Lorrains

"Lu pour vous" extrait de la revue n° 190-191

 

Leurs enfants après eux

Nicolas Mathieu – Editions Actes Sud – août 2018 – 426 pages – 21.80 €

Les prix Goncourt n’entrent pas habituellement dans les cibles de RVM. Nous avions toutefois recensé celui de 1914, « L’appel du sol » à l’occasion de sa réédition en 2014 (cf. revue RVMPL N°180 de mai 2016). Les combats de 1914 en Lorraine y étaient assez largement évoqués. Celui de 2018 mérite également qu’on s’y intéresse, son auteur est lorrain et son récit se situe dans notre région. C’est un roman, tout y est imaginaire, même les lieux. Ce pourrait pourtant être comme une suite au livre de Jean-Claude Jacoby, « Talange, de 1945 à 1975 » (cf. revue RVMPL N°189 de novembre 2018). Ici il s’agit « d’Heillange », 1994-1998. Ce cadre de vallée sidérurgique aux hauts-fourneaux éteints nous est familier. Les noms sont, souvent avec malice, à peine transformés : nous sommes dans la vallée de la Henne, marquée par les Wandel, à proximité de Lameck (sic !). On suit tout au long de ces 426 pages les destins de jeunes gens du lieu issus de différents milieux et de leurs parents. Laissons aux critiques des médias dont c’est la spécialité faire l’analyse approfondie des mérites littéraires du roman. Il est indéniablement agréable à lire. Il offre un état des lieux réaliste quoique sombre de la vie des habitants. Il pose les bonnes questions sur le développement de nos vallées entre parcs d’attraction, centres de loisirs nautiques et grandes surfaces. Heureusement que le Luxembourg n’est pas loin !

Les mentalités des protagonistes du Goncourt 1914, en 2014, nous paraissaient parfois étonnantes ; celles des années 1990 de Nicolas Mathieu, sur un tout autre registre, le sont déjà un peu : qu’en penseront les lecteurs de 2118 ?

 

Les expressions mosellanes illustrées

 Didier Strelzyk et Loris Romano – Editions Julien

Strelzyk – décembre 2017 – 36 pages – 8 €

Il se publie régulièrement des ouvrages sur les parlers locaux. Leur genre est variable, de l’étude linguistique des dialectes aux comptines populaires en passant par des lexiques. Le fascicule de Didier Strelzyk et Loris Romano, très original, se place complètement du côté de l’humour. Les expressions choisies sont celles qui se prêtent le mieux à une illustration sous forme de saynètes photographiées, toutes hilarantes. Elles sont facilement compréhensibles par tous les Mosellans, d’origine germanophone ou non. Pour un prix très modique, on peut s’offrir ou offrir avec ce petit livre un bon moment de lecture-plaisir.

 

Les expressions mosellanes illustrées - tome 2

Didier Strelzyk et Loris Romano – Editions Julien Strelzyk – novembre 2018 – 52 pages – 8 €

Comme on peut le lire souvent sur les sites de ventes par Internet, si vous avez aimé le tome 1 (cf. ci-dessus), vous aimerez le tome 2. Construit sur le même principe que le précédent, ce nouveau recueil est tout aussi agréable à découvrir en le feuilletant. Il est toutefois un peu plus orienté vers les expressions issues de la Lorraine germanophone dont toutes ne sont pas familières aux Messins « de souche ».

 

 

Des Musées de Metz au Musée de la Cour d’Or

" Histoire des Collections, Reflets d’un Territoire "

sous la direction d’Arnaud Bertinet, Jean-Christophe Diedrich et Julien Trapp- Editions Snoeck – Août 2018 – 392 pages- 35 

Que l’on ait le livre sous les yeux ou juste son titre avec la liste des « directeurs » de cet ouvrage collectif de presque 400 pages, on se rend compte tout de suite que l’on a affaire à un ouvrage remarquable et riche d’informations. Le choix de la chronologie était certainement le seul possible pour traiter d’un sujet à tant de facettes. On peut suivre l’évolution du musée, depuis les premiers projets et son ouverture officielle en 1840 jusqu’au Musée de la Cour d’Or actuel. Les « Sociétés savantes » jouent un rôle clé pour sa création puis accompagnent de façon plus ou moins active, mais en permanence la vie du musée jusqu’à aujourd’hui. Il en est de même des dons et legs divers : on retrouve les Sociétés savantes comme la Société d’Histoire Naturelle dont le président, Jacques Joseph Holandre est aussi, en 1840, conservateur du musée pour la collection d’Histoire Naturelle. D’autres legs proviennent de particuliers collectionneurs. On se rend compte que les collections, très riches après ces presque deux siècles de constitution doivent beaucoup au hasard : hasard des legs de personnalités aux centres d’intérêts variés, hasard des découvertes archéologues, en majorité vestiges de l’époque gallo-romaine et du Moyen Âge. Les acquisitions, décisions des directeurs et conservateurs du moment, vont surtout compléter et valoriser les collections existantes. Le Musée de Metz a bénéficié, au travers des difficultés et ruptures dues à l’histoire tourmentée de notre ville depuis 1840, de directions compétentes dont émergent les personnalités de Roger Clément entre les deux guerres, Gérald Collot de 1957 à 1987 ainsi que de l’Allemand Keune pendant la première annexion. Souvent, si ce n’est en permanence, des rivalités de personnes et d’influences politiques, locales ou plus larges sont venues les perturber dans l’exercice de leur fonction. Ils ont réussi à « maintenir leur cap ». En permanence, ils ont dû faire face à des problèmes de budget et de place disponibles. Les collections ont dû être réparties sur différents lieux : entre les deux guerres, outre le Musée central, la Porte des Allemands hébergeait un Musée militaire, l’hôtel de la Princerie un musée du Peuple messin et la Maison Migette principalement des oeuvres du célèbre peintre local. Pour des raisons diverses, mais surtout à cause des dommages de la dernière guerre, les collections ont été à nouveau regroupées sur le site actuel dénommé depuis 1987 Musée de la Cour d’Or. Aujourd’hui, la Maison de l’Archéologie et du Patrimoine créée en 2013 fournit un espace très large pour des « réserves externes » et libère donc de la place au Musée Central. Ironie de l’histoire, les collections d’Histoire Naturelle, à l’origine de la fondation du Musée, y sont placées, certes à l’abri, mais aussi, comme condamnées à l’oubli…

Ce livre, abondamment illustré par des documents de grande qualité, en particulier pour son exhaustivité impressionnante, sera incontestablement et pour un certain temps le document de référence pour quiconque s’intéresse un tant soit peu au Musée de la Cour d’Or et à l’histoire de Metz en général.

 

 

Le Pavillon de la littérature

Michel Louyot – Editions des Paraiges – novembre 2018 – 22 pages- 13 €

Bien que vivant à Strasbourg, Michel Louyot, prix Erckmann-Chatrian 2015, est assurément un écrivain lorrain. Né à Pont-à-Mousson, il a passé toute son enfance à Corny puis a fait ses études secondaires à Metz. Notre région et ses habitants tiennent un rôle clé dans beaucoup de ses livres. Son dernier ouvrage est un récit dont il est le narrateur. Tout au moins a-t-on cette impression au début de la lecture. Arrivé au soir de sa vie (les soucis de santé de l’âge ne manquent pas de le lui rappeler), il constate qu’il se pose toujours les mêmes questions sur son identité, la raison de sa présence sur terre. Il aime se rappeler les ancêtres connus ou identifiés. Insatisfait et inquiet, il pousse dans ce livre, à la limite de la folie, sa quête dans le temps et l’espace. Mêlant tragique et humour, il nous fait découvrir le poète chinois Lou Yo/ Lou Yeou dont il se plaît à imaginer qu’il pourrait être, au-delà des siècles et des distances, une sorte de double. Michel Louyot évolue au cours de ce récit dans plusieurs registres typiques de son œuvre : sans se départir d’une agréable et nécessaire dose d’humour il relate d’abord des situations et des faits concrets, voire un peu crus pour évoluer ensuite vers l’onirisme et la poésie. Ce livre trouve bien sa place dans l’œuvre déjà abondante de l’écrivain.